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2010-03-29T20:00:00+02:00

QUAND J'ETAIS PETITE N°44

Publié par Marge
 

Quand j'étais petite je voulais faire de la danse classique, porter un tutu en tulle rose avec des ballerines, avoir un chignon, et je m'entrainais toute seule à faire des pointes et le grand écart sur le carrelage du salon.

Aujourd'hui j'ai une belle jupe en tulle noire, de jolies ballerines, pas de chignon, je sais toujours faire le grand écart sur le carrelage de mon salon mais c'est trop dur de faire des pointes 
et puis c'est tout...

Marge à la pointe.

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2010-03-17T18:21:00+01:00

DATES DES RAZ DE MAREE JULIEN FRANCOIS LABRUYERE ECRIVAIN PAYS D'AUNIS

Publié par Marge
Voici le mail que j'ai reçu de Mr Julien-François Labruyère concernant l'histoire des raz de marée sur notre région :

En effet, Chatenay cite mon nom dans son livre (page 31). Il tire ce fait du raz-de-marée de 1518 de mon livre sur les "Paysans charentais" où (tome II, page 38) j'évoque "une affreuse tempête qui dégrada les rivages, força les barrières, coula par les campagnes, noya les prairies et les vignobles; partout où elle trouva des plaines, elle ne laissa rien à découvert ; dans les îles et au bord de la côte, l'ouragan fut tel que toutes les récoltes en furent enlevées ainsi que de nombreuses maisons ou toitures, du bétail ou même des personnes." Cette mention vient elle-même des observations du père Arcère dans "Histoire de la ville de La Rochelle et du pays d'Aunis" (tome I, page 308). Cet ouragan causant un raz-de-marée fut un des plus terribles de l'histoire de nos côtes, mais il ne fut pas le seul. On compte environ deux ouragans de ce type par siècle, souvent avec des effets très localisés. Prenez par exemple la comparaison entre 1999 et 2010 : les causes sont à peu près les mêmes mais la direction des vents et leurs points d'impact maximum diffèrent sensiblement : 1999 avec des vents du NO plus violents que ceux de 2010 s'en prit principalement aux estuaires de la Seudre et de la Gironde, 2010 avec un coefficient de marée plus fort qu'en 1999 et des vents du SO s'en prit plus violemment aux estuaires de la Charente et surtout de la Sèvre et du Lay.
 
Dans le passé, les côtes savaient moins se protéger de ces tempêtes mais les habitations se limitaient aux affleurements calcaires ; aujourd'hui, c'est l'inverse, on construit sur le bri des terres basses sous prétexte qu'on sait mieux se protéger ! D'où le résultat de Xynthia. Depuis 1518, les principaux ouragans ayant détruit les digues furent ceux de 1537, 1557, 1584, 1591, 1600, 1645, 1682 (Ré et côtes d'Aunis, très similaire à 2010), 1702 (Oleron, Gironde; très similaire à 1999), 1710, 1711, 1715, 1753 (Ré, Aunis), 1777, 1787 (La Rochelle, estuaire Charente), 1811 (Ré, Aunis), 1827, 1838 (Ré), 1935, 1936, 1941, 1999 (estuaires de Gironde et Seudre), 2010 (Ré, Aunis). J'ai mis en gras les plus terribles et n'ai évoqué que les tempêtes d'hiver liées aux malines de janvier ou février. Mais, des dérèglements de longue durée comme le froid (en particulier l'hiver 1709), la sècheresse (nombreux printemps et étés), la canicule (quelques étés) peuvent avoir des conséquences encore plus dramatiques mais étalées dans le temps, aussi bien pour la vie des personnes que pour les récoltes et autrefois les famines. Devant ces constats, je peux vous dire que je suis très sceptique sur ce qu'on appelle aujourd'hui les phénomènes extrêmes et le dérèglement climatique. Un livre à paraître en avril au Croît vif ("Climat et révolutions" fait une analyse précise du climat sur les vingt dernières années du XVIIIe siècle en Aunis et les compare à aujourd'hui, je vous le signale au cas où vous vous voudriez en savoir plus sur la météorologie locale.)
 
Bien à vous.
François Julien-Labruyère

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2010-03-14T11:04:00+01:00

1518/2010 L'HISTOIRE DU RAZ DE MAREE SE REPETE.

Publié par Marge
 

Comme de trop nombreux habitants ici, un couple d'amis DOMINIQUE MALABRY ARTISTE PEINTRE ainsi que son épouse (et leurs enfants) demeurant à Charron, a été gravement sinistré lors de la tempête du 28 Février dernier ayant pratiquement tout perdu, et échappant lui et les siens de justesse au pire...

 Après quelques jours lui et son épouse sont retournés tenter de récupérer quelques rares objets épargnés dans leur maison. Ils y ont retrouvé le livre "Charron Charente Maritime mille ans d'histoire" de Léopold Chatenay intact, livre intact parcequ' il était rangé à l'étage.

Lorsque mon amie a pris le livre dans ses mains il s'est ouvert à la page où l'on peut y lire ceci :
               - 1518 cette année là un terrible raz de marée ravagea notre littoral.

(Julien Labruyère).
 

Bien étrange coincidence cette page qui s'ouvre sur cette petite phrase si dramatique presque cinq cent ans plus tard dans des conditions similaires...
Je savais qu'il y avait eu deux raz de marée l'un au début des années 1900 et l'autre en 1940 moins importants que celui que nous venons de vivre.
J'ignorais qu'il y a presque cinq cent ans s'était déjà produit le pire.

Je viens de contacter l'auteur ou le rapporteur de ce fait, j'espère avoir des informations sur cette histoire, sur notre histoire qui devrait beaucoup nous apprendre sur notre présent...et peut-être sur notre futur. 

Marge

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2010-03-07T18:53:00+01:00

CHARRON SOIGNE SES PLAIES

Publié par Marge

Aujourd'hui dimanche 7 mars. Je suis toujours comme sonnée, j'éprouve beaucoup de peine à reprendre mes esprits. Ce matin une équipe de psychologues est passée faisant du porte à porte. Deux personnes qui m'ont envoyé la visite d'un médecin et d'un infirmier à domicile dans l'après-midi.

Depuis une semaine un incroyable dispositif humain a été mis en place pour la protection, le secours en général, et l'assistance aux personnes. C'est un accompagnement en continu qui se fait, d'abord auprès des plus touchés les victimes directes, mais aussi pour tout autre habitant qui même n'ayant pas subi de dommages, ressent cependant de la détresse de l'angoisse de la culpabilité, enfin toutes sortes de sentiments étranges émergeant à la suite d'un événement de cette ampleur ou chacun est concerné.


Il y a sept jours exactement nous entendions continuellement les hélicoptéres tourner au dessus de nos têtes, cherchant des victimes. Ce balai incessant à duré presque une semaine. Depuis une semaine, une armée de Pompiers, la Sécurité Civile, la Protection Civile, les Gendarmes, les Bénévoles oeuvrent sans compter leurs heures. La Salle des Fêtes a été transformée en QG regroupant toutes les aides : vêtements, linge, nourriture, eau, pains faits et distribués gratuitement par notre boulanger à la population locale.

Le Maire sinistré lui même est constamment présent. Le pharmacien dont la pharmacie a été inondée, s'est installé sommairement dans la salle des fêtes lui aussi afin de délivrer les prescriptions aux malades et aux autres demandeurs. Hier notre petite famille est partie pour aider au nettoyage. Il y avait tellement de bénévoles que partout on nous refusait gentiment notre aide. Je n'ai jamais vu autant de bonnes volontés rassemblées en un si petit village.
Mon fils et son amie ont fini par trouver aujourd'hui une maison où aider.

Nous savons que le week end prochain on aura besoin de nous puisque nous allons passer à la phase de démontage arrachage dans les maisons récupérables. Il va falloir arracher papiers peints, moquettes, parquets etc.
Il faudra bien toute une année au moins pour réparer les dégâts, et je me pose bien des questions sur le devenir des gens qui devront reconstruire entièrement leurs maisons, et sur ceux qui répareront et resteront au même endroit. 

Voilà tout ce que je puis écrire à ce jour. Je sais que la vie va reprendre "normalement" au bout d'un certain laps de temps, comme toujours. Mais pour l'heure je n'ai pas l'humeur à rigoler ni à écrire mes habituelles bêtises. Le moins que vous puissiez faire pour moi est de ne pas me lâcher en route et de me donner le temps de me reprendre pour mieux me retrouver.

A très bientôt.
Marge

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2010-03-05T07:09:00+01:00

CHARRON VILLAGE COURAGEUX

Publié par Marge
 

Dans la nuit de samedi à dimanche la mer que nous aimons tant habituellement est venue comme une folle tout dévaster dans notre village.

Moi qui vous écris je suis une épargnée de la catastrophe ma famille ma maison mon entreprise rien n'a été touché. Rien a été touché en apparence seulement.

 

Cette mer folle et déchainée par les vents de la tempête après avoir déferlé violemment sur les maisons à sa hauteur, est venue vers trois ou quatre heures du matin encercler notre ilot de survie puis s'est répandue sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur des terres noyant fermes animaux et les champs à perte de vue.

Notre terrain surélevé de quelques petits mètres de plus que les autres maisons nous a permis de ne pas être envahis. Alors dimanche au lever se fut la consternation de voir la mer à une vingtaine de mètres juste en face de nous, nous qui sommes bien au sec.

 

Non je n'ai pas vu d'eau pénétrer en traitre et sans bruit chez moi pendant mon sommeil. Non je n'ai pas vu mes vitres éclater et je n'ai pas été prisonnière d'un mur d'eau sombre et froide chargé de détritus. Non je n'ai pas failli me noyer ni été blessée prise dans cette espèce de folle machine à laver. Non je ne me suis pas retrouvée à la rue à moitié dévêtue glacée et horrifiée. Non je n'ai pas perdu la vie. Non je n'ai pas perdu de parent ni d'enfants. Non je n'ai pas perdu certains biens précieux qui font le souvenir de toute une vie. Non je n'ai pas perdu ma maison mon entreprise mes animaux. Non je ne suis pas obligée d'être relogée et dépendante des autres en train de brasser le malheur répandu sur le sol boueux de ma maison.

 

Pourtant je suis profondément choquée. Choquée de voir mon village éventré massacré et ravagé. Choquée de voir les victimes jetées hors de chez elles, ces gens tout ces gens ici que je connais bien et aussi ceux que je ne connais que de vue, choquée de les voir si malheureux, durement éprouvés, épuisés et pourtant occupés à retrousser leurs manches pour sauver quelques miettes de leur vie.

Je suis choquée par ce soudain et violent malheur qui a frappé si fort et fait perdre des vies d'une façon horrible et révoltante. Choquée de savoir ce à quoi notre famille a échappé.

 

Mais je suis aussi en colère contre l'imprévoyance de cette inondation au vu des conditions conjuguées de vents violents et fort coefficient de marée. Je suis en colère que l'on laisse construire des maisons là où elles n'auraient jamais du se trouver. Je suis en colère contre les responsables irresponsables qui tournent le dos à la mer et font semblant d'ignorer qu'elle ne peut être retenue par des digues ridicules et mal entretenues.

 

La peine ici est lourde à porter et pèse sur nous tous comme une chape de plombs.

Aujourd'hui cinq jours sont passés, aujourd'hui va être un jour encore plus douloureux pour une famille en particulier et pour nous tous aussi.

J'ai réalisé à quel point j'aime mon village, et à quel point j'aime les gens d'ici.


Marge

 

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